Par Elie Fleurimont
Le procès lié à l’assassinat du président Jovenel Moïse, en cours devant un tribunal fédéral aux États-Unis, est entré dans sa sixième semaine, des révélations importantes sur le financement de l’opération.
Selon des informations rapportées par Associated Press et Miami Herald, l’homme d’affaires haïtien Rodolphe Jaar a reconnu devant la justice avoir fourni 150 000 dollars américains pour soutenir l’opération ayant conduit à l’assassinat du chef de l’État.
Dans son témoignage, il a précisé que ces fonds auraient servi à financer différents aspects logistiques, notamment l’achat d’armes ainsi que le soutien à des unités telles que l’USGPN, l’équipe CAT, et à l’ancien fonctionnaire Joseph Félix Badio, également cité dans le dossier.
Toutefois, Rodolphe Jaar a tenu à établir une distinction claire entre son implication financière et l’exécution de l’attaque. Il affirme que ni lui ni l’ancien parlementaire John Joël Joseph ne faisaient partie du convoi armé ayant pénétré dans la résidence présidentielle dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021.
Ces déclarations viennent renforcer l’hypothèse d’une opération structurée, impliquant plusieurs niveaux de responsabilité, allant du financement à l’exécution. Elles mettent également en lumière l’existence d’un réseau complexe d’acteurs, dont certains restent à ce jour non identifiés ou non jugés.
Alors que la justice américaine continue de faire avancer le dossier, de nombreuses zones d’ombre persistent, notamment en ce qui concerne les commanditaires présumés de l’attaque. En Haïti, l’enquête judiciaire peine toujours à progresser, dans un contexte marqué par l’instabilité sécuritaire et institutionnelle.
