Par Elie Fleurimont
Les violences des gangs dans la capitale haïtienne font de nouveaux déplacés, alors que plusieurs quartiers sont secoués par une recrudescence d’attaques armées.
Face aux tirs nourris et aux affrontements entre groupes lourdement armés, des familles ont été contraintes d’abandonner leurs maisons dans la précipitation, cherchant refuge chez des proches ou dans des sites improvisés.
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 3 000 personnes ont récemment quitté leur domicile à la suite d’attaques armées signalées dans plusieurs zones de la région métropolitaine de Port-au-Prince, notamment à Cité Soleil et à Croix-des-Bouquets.
Une grande partie des familles déplacées est actuellement hébergée par des proches, tandis que d’autres se sont installées dans des sites de fortune où les conditions de vie demeurent extrêmement précaires.
L’accès limité à l’eau potable, l’absence d’infrastructures sanitaires adéquates et manque de soins de santé aggravent la vulnérabilité des populations touchées, parmi lesquelles figurent des femmes enceintes, des nourrissons et de nombreux enfants.
Malgré les annonces répétées des autorités sur des opérations policières visant à reprendre le contrôle de certains territoires, les actes criminels continuent de se multiplier dans la zone métropolitaine. Sur le terrain, l’insécurité reste une réalité quotidienne pour des milliers d’habitants.
Vendredi dernier, des hommes armés du gang opérant à Village de Dieu ont enlevé deux journalistes, un incident qui illustre une nouvelle fois l’emprise persistante des groupes armés et les difficultés à contenir leur expansion.
La crise sécuritaire ne cesse de s’intensifier, de nombreuses familles vivent désormais dans l’incertitude, loin de leurs maisons et de leurs repères.
En attendant des mesures plus efficaces pour rétablir l’ordre, une partie de la population continue de subir les conséquences d’une spirale de violence qui s’étend progressivement à plusieurs régions du pays.
