Un témoignage choc a marqué cette semaine le procès fédéral lié à l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse. Devant un tribunal fédéral de Miami, l’ancienne Première dame, Martine Moïse, a affirmé que l’ancien président Michel Joseph Martelly et l’ex-Premier ministre Ariel Henry seraient liés à ce crime qui a bouleversé Haïti en juillet 2021.
L’audience s’inscrit dans le cadre du procès de quatre hommes originaires du sud de la Floride, accusés d’avoir participé à la préparation et à l’exécution du complot ayant conduit à l’assassinat du chef de l’État haïtien.
Au cours de sa déposition, Mme Moïse a livré un récit détaillé et particulièrement émouvant de la nuit du 6 au 7 juillet 2021. Elle a raconté comment un groupe d’hommes armés a fait irruption dans la résidence privée du couple présidentiel à Pétion-Ville avant d’ouvrir le feu sur le président. Blessée lors de l’attaque, l’ancienne Première dame a décrit devant les jurés les moments de chaos et de violence qui ont précédé la mort de son époux.
Dans son témoignage, elle a également évoqué ce qu’elle considère comme des responsabilités politiques derrière l’assassinat du président. Elle a ainsi déclaré devant la justice américaine que Michel Joseph Martelly et Ariel Henry seraient liés à ce meurtre, une affirmation qui pourrait relancer le débat sur les commanditaires de l’opération.
Plus de quatre ans après la mort de Jovenel Moïse, l’enquête continue de s’étendre entre Haïti et les États-Unis, alors que plusieurs suspects ont déjà été inculpés et que d’autres procédures judiciaires sont toujours en cours.
Ce témoignage très attendu pourrait marquer un tournant dans la recherche de la vérité autour de l’un des événements les plus dramatiques de l’histoire politique récente d’Haïti.
