Une enquête publiée par AyiboPost révèle que des marins et propriétaires de bateaux versent entre 25 000 et 50 000 gourdes à des agents de la garde côtière afin d’obtenir une assistance sécuritaire pour traverser la baie de Port-au-Prince, une zone devenue particulièrement dangereuse en raison des attaques de gangs.
Selon plusieurs témoignages recueillis par le média d’investigation, ces sommes sont présentées comme des « frais de carburant » destinés à permettre aux patrouilles maritimes d’escorter les embarcations transportant passagers et marchandises, notamment entre La Gonâve et Port-au-Prince.
Certains marins affirment toutefois que ces frais représentent une lourde charge financière. Occéan Blaise, propriétaire du bateau « Masa Lasa », explique qu’après avoir payé jusqu’à 50 000 gourdes pour une traversée, les bénéfices deviennent très faibles.
D’autres acteurs du secteur maritime estiment cependant que cette contribution reste préférable aux risques d’attaques ou d’extorsion par des groupes armés qui opèrent dans la zone maritime.
Interrogé par AyiboPost, Jean Pedro Mars, président de la direction des garde-côtes d’Haïti, affirme que l’institution ne réclame pas directement d’argent aux marins.
Il reconnaît néanmoins que certaines initiatives existent pour permettre l’achat de carburant lorsque l’institution manque de ressources pour assurer ses opérations.
Cette situation met en lumière les difficultés auxquelles fait face la garde côtière haïtienne, une unité spécialisée de la Police nationale d’Haïti, chargée de sécuriser les eaux territoriales et de lutter contre le trafic illicite.
Rédaction : Radyo Tele Pwofondè Ayiti RTPA
