Par Elie Fleurimont
Lors du procès fédéral lié à l’assassinat du président Jovenel Moïse, son épouse Martine Moïse a livré un témoignage chargé d’émotion devant un tribunal fédéral à Miami.
Appelée à la barre après les déclarations d’ouverture, Martine Moïse a raconté les événements dramatiques de la nuit du 6 au 7 juillet 2021, lorsque le couple présidentiel a été réveillé vers 1 heure du matin par de nombreux coups de feu tirés autour de leur résidence située à Pèlerin 5, dans la commune de Pétion-Ville.
« J’avais très peur. J’étais sous le choc à cause de tous ces coups de feu », a-t-elle déclaré devant les jurés, expliquant qu’elle avait croisé le regard de son mari et qu’ils partageaient la même inquiétude face à la situation.
Selon son témoignage, elle a rampé sur les mains et les genoux pour descendre vérifier que leurs enfants étaient en sécurité. Elle a trouvé leur fils et leur fille dans la chambre de ce dernier et leur a demandé de se cacher dans une salle de bain avec l’un des chiens de la famille afin d’éviter les balles.
Martine Moïse a ensuite regagné la chambre principale où elle a retrouvé le président près du lit. Ce dernier lui aurait demandé de se cacher de l’autre côté du lit pour éviter les tirs. Elle a toutefois expliqué qu’elle ne pouvait pas se glisser sous le lit, celui-ci étant trop bas.
Selon l’accusation présentée par les procureurs américains, le chef de l’État a été abattu à bout portant par un groupe de mercenaires colombiens ayant participé à un complot visant à l’assassiner. Les procureurs soutiennent que certains des accusés basés dans le sud de la Floride ont contribué à organiser et financer l’opération.
La défense avance cependant une version différente. Les avocats des accusés affirment que les anciens militaires colombiens se sont rendus en Haïti dans le but d’arrêter le président et non de le tuer, soutenant que celui-ci aurait déjà été mort lorsque leur groupe est entré dans la résidence présidentielle.
L’affaire, qui implique plusieurs accusés et un grand nombre de preuves recueillies au fil des années, a mis du temps avant d’être jugée. Plus de la moitié des 11 personnes inculpées dans ce dossier ont déjà reconnu leur implication dans le complot ou dans des charges connexes. Cinq accusés ont notamment plaidé coupable à l’accusation principale de conspiration et ont été condamnés à la prison à vie.
Le procès, qui devrait durer environ deux mois, vise à établir les responsabilités dans l’assassinat de l’ancien président haïtien, un crime qui a profondément marqué la vie politique du pays.
Source : Miami Herald.

Mwen swete raddyo wa pran grn estansyon nan peyi ya
N ap goumen pou sa chef.