De nouveaux éléments viennent raviver les interrogations autour de l’assassinat de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse, tué dans la nuit du 7 juillet 2021 dans sa résidence privée à Pèlerin 5. À l’ouverture du procès fédéral en cours à Miami, le témoignage d’un ancien militaire colombien impliqué dans l’opération apporte une version troublante sur le sort d’un des mercenaires présents lors de l’attaque.
Selon Edwin Blanquicet Rodríguez, un membre du commando, identifié comme Duberney Capador Giraldo, aurait été exécuté après avoir été grièvement blessé, alors que les forces de l’ordre haïtiennes encerclaient la zone.
Le témoin affirme que le mercenaire blessé implorait les policiers de lui laisser la vie sauve. Selon son récit, un membre de la sécurité présidentielle lui aurait finalement tiré une balle dans la tête, lui portant ce qu’il décrit comme un « coup de grâce ».
Ces déclarations interviennent alors que les versions des faits continuent de s’opposer devant la justice américaine.
La défense soutient que les anciens militaires colombiens avaient été recrutés pour capturer le président et faciliter sa destitution, et non pour l’assassiner. Les procureurs américains, de leur côté, affirment que les assaillants lourdement armés ont pénétré dans la résidence présidentielle avant d’ouvrir le feu.
Près de cinq ans après ce crime qui a profondément marqué la vie politique haïtienne, de nombreuses zones d’ombre persistent. Le procès en cours à Miami pourrait contribuer à éclaircir certains aspects de l’affaire, tandis que la question des véritables commanditaires de l’assassinat demeure au cœur des interrogations.
