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Haïti : peut-on diriger le pays sans y vivre, puis l’abandonner après le pouvoir ?

Patager sur :

Ces dernières années, un phénomène interpelle et choque une grande partie de l’opinion publique haïtienne : après avoir occupé les plus hautes fonctions de l’État, de nombreux anciens dirigeants choisissent de quitter Haïti pour s’installer à l’étranger.

Une réalité qui soulève de sérieuses questions sur l’engagement patriotique, la responsabilité politique et l’avenir de la gouvernance en Haïti.

Un constat alarmant, le comportement de plusieurs leaders politiques et anciens titulaires de postes électifs ou nominés au sommet de l’État retient particulièrement l’attention.

Selon les recherches et données recueillies par la rédaction de RTPA, au cours d’une période de seize ans — de 2010 à janvier 2026 — la majorité des citoyens ayant exercé de hautes fonctions publiques ont quitté Haïti à la fin de leur mandat.

Parmi eux figurent d’anciens présidents, premiers ministres, ministres, sénateurs, députés, directeurs généraux et maires, aujourd’hui établis notamment aux États-Unis, au Canada, en France et même en République dominicaine.

D’après plusieurs témoignages recueillis auprès d’anciens hauts responsables de l’État haïtien, diverses raisons expliquent leur départ du pays. Certains évoquent la dégradation de la situation sécuritaire, marquée par l’insécurité et la recrudescence des enlèvements.
D’autres avancent des raisons familiales, indiquant que leurs conjoints et enfants vivaient déjà à l’étranger avant leur prise de fonction, les obligeant ainsi à s’y installer durablement.
Des motifs liés à la santé ou à la poursuite d’études sont également mentionnés.

Parmi les anciennes autorités citées comme vivant hors du territoire national après leur passage au pouvoir, on retrouve :
Michel Joseph Martelly, ancien président de la République ;
Laurent Salvador Lamothe, ex-Premier ministre ;
Garry Conille, ancien chef du gouvernement ;
Frantz Elbé, ex-directeur général de la Police nationale d’Haïti ;
ainsi que Léon Charles, entre autres.

Du côté de la population, les réactions sont vives. Plusieurs citoyens interrogés par Radio Tele Pwofondè Ayiti qualifient cette situation de honte nationale et de trahison politique.
Selon eux, ces anciens dirigeants n’auraient jamais eu pour véritable mission de servir Haïti, mais plutôt de s’enrichir au détriment de l’État avant de s’exiler.

Certains vont plus loin, accusant les responsables d’avoir contribué à l’armement de jeunes dans les ghettos, avant de fuir le pays par crainte de représailles, laissant la population livrée à la violence des gangs.

Pour des citoyens engagés, ces pratiques font de les anciens dirigeants des ennemis de la nation, tenus pour responsables de la destruction progressive du pays.

Plusieurs voix s’élèvent pour réclamer des mesures radicales.
Des citoyens demandent aux autorités étrangères de saisir les biens de ces anciens dirigeants et de les expulser, avec leurs familles, afin qu’ils rendent compte de leur gestion devant la justice haïtienne.

D’autres exigent que, lors des prochaines élections, toute personne aspirant à diriger le pays soit tenue d’avoir son conjoint et ses enfants résidant en Haïti.

Une condition qui, selon eux, garantirait un engagement réel et une volonté sincère de mettre en œuvre des politiques publiques capables de rendre le pays vivable.

Sur cette question, la rédaction de RTPA estime qu’Haïti a besoin d’un nouveau leadership fondé sur la conviction, la responsabilité et la primauté de l’intérêt collectif.

Le pays ne peut continuer à être dirigé par des femmes et des hommes qui ne partagent pas le quotidien du peuple et qui quittent le territoire dès la fin de leur mandat.

Pour sortir de cette crise de confiance, plusieurs pistes sont évoquées :
renforcer les mécanismes de redevabilité des dirigeants ;
A) instaurer des critères stricts d’enracinement national pour l’accès aux hautes fonctions ;
B) promouvoir une politique centrée sur le bien commun, la sécurité et la dignité humaine.

Haïti a plus que jamais besoin de dirigeants prêts à vivre avec le peuple, à assumer leurs décisions et à placer la patrie au-dessus de tout intérêt personnel.

Rédaction : Radio Tele Pwofondè Ayiti (RTPA)
29 janvier 2026

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