À la unePolitiquesSociété

Sanctionnés par l’ONU, libres en Haïti : pourquoi la justice ne bouge pas

Sanctionnés par l’ONU, libres en Haïti : pourquoi la justice ne bouge pas ?

Des hommes politiques et hommes d’affaires sanctionnés par l’ONU, notamment Fritz Alphonse Jean, actuel membre du CPT, figurent sur la liste noire des Nations unies pour financement présumé de gangs. Pourtant, silence total du système judiciaire haïtien.Alors que les Nations unies et d’autres partenaires internationaux prennent des mesures concrètes pour sanctionner les individus soupçonnés d’entretenir et de financer les gangs armés en Haïti, le contraste est frappant : sur le territoire haïtien, ces mêmes personnes continuent d’exercer des fonctions politiques sans aucune inquiétude judiciaire.Fritz Alphonse Jean, un nom au cœur des controversesAncien gouverneur de la Banque de la République d’Haïti et aujourd’hui membre du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Fritz Alphonse Jean a été publiquement sanctionné par l’ONU pour son implication présumée dans le financement d’activités criminelles liées aux gangs. Malgré cette accusation grave, aucune enquête officielle n’a été ouverte par les autorités judiciaires haïtiennes. Silence absolu.Ce mutisme alimente le doute sur l’indépendance et la crédibilité de l’appareil judiciaire haïtien. Comment expliquer que des institutions internationales disposent de preuves suffisantes pour imposer des sanctions, alors que la justice nationale ne trouve pas motif à enquêter ?Le 07 février 2026, alors que le mandat du CPT touche à sa fin, la question reste entière : la justice haïtienne osera-t-elle enfin faire son travail ? Ou continuera-t-elle à protéger les puissants, malgré les cris de détresse d’une population qui vit sous la terreur ?Les liens présumés entre des figures politiques et le banditisme armé ne datent pas d’hier. Cependant, c’est la première fois que des institutions internationales vont aussi loin en rendant publiques des sanctions contre des membres actifs du pouvoir en place. En retour, le peuple haïtien n’observe que passivité, voire complicité.Tandis que des milliers de citoyens sont tués, déplacés, violés ou terrorisés chaque année par des gangs, ceux qui seraient impliqués dans cette machine de destruction jouissent d’une impunité totale.À l’approche de la fin du mandat du CPT 7 février 2026, le peuple haïtien attend des réponses. Une justice digne de ce nom devrait initier des enquêtes indépendantes, auditionner les sanctionnés, protéger les témoins, et restaurer la confiance publique.Si rien ne change, 2026 ne marquera pas un nouveau départ, mais la confirmation d’un système pourri jusqu’à l’os, où le pouvoir protège le crime, et où la justice devient complice par son silence.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *