Par Elie Fleurimont
À l’occasion de la 6e édition organisée par le Rasanbleman des Madan Sara d’Haïti (RAMSA), tenue le 3 avril 2026 à l’hôtel Karibe à Pétion-Ville, les projecteurs ont été braqués sur la situation critique des commerçantes connues sous le nom de Madan Sara, devenues aujourd’hui des actrices de première ligne dans un contexte sécuritaire alarmant.
Placée sous le thème « Estriktire ak valorize Madan Sara yo pou ranfòse komès nasyonal la », cette rencontre a rassemblé des représentantes venues de plusieurs régions du pays.
Toutes ont dressé un tableau préoccupant d’un secteur affaibli, mais qui demeure vital pour l’économie nationale.
Les interventions ont particulièrement insisté sur les conséquences directes de l’insécurité. La représentante de Kenscoff a notamment décrit une réalité difficile, appelant les autorités à agir rapidement pour rétablir la sécurité et redonner à la commune son dynamisme d’autrefois.
Malgré les menaces constantes, les Madan Sara continuent d’assurer la circulation des produits à travers le pays. Véritables chevilles ouvrières du commerce informel, elles jouent un rôle clé dans l’approvisionnement des marchés et dans le maintien des échanges entre les différentes régions.
Prenant part à l’événement, le recteur de l’Université Quisqueya, Jacky Lumarque, a salué la détermination de ces femmes, qualifiant leur engagement de véritable symbole de résistance. Il a également mis en avant leur contribution majeure au fonctionnement de l’économie haïtienne.
De son côté, la conseillère électorale Yves Marie Edouard a rappelé la portée historique du 3 avril, tout en soulignant que les acquis restent limités. Elle a insisté sur la nécessité d’une participation accrue des femmes dans la vie démocratique, affirmant que leur implication est indispensable à toute société équilibrée.
La coordonnatrice nationale du RAMSA, Jocelyne Jean-Louis, a, pour sa part, détaillé les conditions précaires dans lesquelles évoluent les Madan Sara. Elle a aussi annoncé un projet visant à ouvrir un marché international en France, dans l’objectif de promouvoir les produits haïtiens à l’échelle internationale.
Parmi les principales revendications figurent la libération des axes routiers contrôlés par des groupes armés, condition essentielle pour relancer les activités commerciales et garantir la libre circulation des marchandises.
La représentante d’ONU Femmes, Marie Goretti Nduwayo, a, quant à elle, encouragé ces commerçantes à poursuivre leur lutte, tout en réaffirmant leur rôle central dans le développement économique et la cohésion sociale du pays.
L’événement a également attiré une forte affluence. Une exposition de produits locaux y a été organisée, mettant en valeur la richesse de la production nationale et le savoir-faire des Madan Sara.
À travers cette initiative, le RAMSA renouvelle son engagement en faveur de ces femmes, avec un mot d’ordre sans équivoque : « Bis pou machan, kamyon pou machandiz ».
Face aux défis, les Madan Sara continuent de tenir bon. Leur combat va bien au-delà du commerce : il incarne une véritable leçon de courage et d’espoir pour toute la nation haïtienne.
