Dans un message publié ce 25 mars 2026 sur la page Facebook officielle de l’Ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, le Département d’État américain, à travers son programme « Rewards for Justice » (RFJ), annonce une récompense pouvant atteindre 3 millions de dollars, accompagnée d’une possible relocalisation, pour toute information permettant de démanteler les circuits financiers des organisations criminelles haïtiennes « Viv Ansanm » et « Gran Grif », toutes deux désignées comme organisations terroristes étrangères.
Selon les autorités américaines, « Viv Ansanm », créé en septembre 2023, regroupe les deux principales coalitions de gangs opérant à Port-au-Prince, notamment le G-9 et le G-Pép. Cette alliance est accusée d’avoir orchestré une campagne de violence généralisée contre des institutions clés du pays, incluant des attaques contre des commissariats, des prisons, des hôpitaux et l’aéroport international de la capitale. Ces actions auraient contribué à accentuer l’instabilité politique, menant notamment à la démission de l’ancien Premier ministre Ariel Henry en avril 2024.
Le groupe est également pointé du doigt pour son implication dans des massacres, des viols collectifs, des enlèvements contre rançon et le recrutement forcé, y compris d’enfants. Ses principales sources de financement proviendraient de l’extorsion et du trafic d’armes.
De son côté, « Gran Grif », considéré comme la plus puissante organisation criminelle du département de l’Artibonite, aurait été fondé vers 2016 par l’ancien député Prophane Victor.
Initialement constitué pour asseoir un contrôle politique local, le groupe s’est progressivement transformé en un gang structuré et violent.
Les autorités américaines indiquent que « Gran Grif » est responsable de multiples exactions, dont des assassinats, des kidnappings, des violences sexuelles, des pillages et des recrutements forcés d’enfants. Le groupe a également mené des attaques contre la Police nationale d’Haïti ainsi que contre la Mission multinationale d’appui à la sécurité, notamment lors d’une offensive en février 2025 ayant coûté la vie à un officier kényan.
Dans ce contexte, le programme RFJ cible particulièrement les informations susceptibles d’identifier les mécanismes de financement de ces groupes, notamment les comptes bancaires, entreprises, réseaux de blanchiment, transferts d’armes, ainsi que les transactions financières réalisées en leur faveur.
Depuis leur désignation en mai 2025 comme organisations terroristes étrangères et terroristes mondiaux spécialement désignés, tous les avoirs de ces groupes aux États-Unis sont gelés. Il est également interdit à toute personne américaine d’entretenir des relations financières ou matérielles avec ces entités, sous peine de sanctions pénales.
Les autorités américaines invitent toute personne disposant d’informations à contacter le programme « Rewards for Justice » via des plateformes sécurisées, garantissant la stricte confidentialité des échanges.
Créé en 1984, ce programme a déjà versé plus de 250 millions de dollars à plus de 125 informateurs à travers le monde, contribuant à neutraliser de nombreuses menaces contre la sécurité nationale des États-Unis.
Rédaction : l’équipe de la radio télé Pwofondè Ayiti RTPA
