En Haïti, un même scénario politique se répète avec une constance inquiétante. Tant que certains responsables occupent des fonctions officielles, la population est reléguée à l’arrière-plan. Les promesses s’accumulent, les résultats tardent à venir, et le silence devient leur principal mode de gouvernance.
Mais une fois écartés du pouvoir, les discours se transforment. Quelques mois suffisent pour voir ces mêmes acteurs réapparaître sur la scène médiatique. Désormais, ils se présentent comme des défenseurs du peuple, dénonçant avec vigueur des dérives qu’ils n’ont ni combattues ni corrigées lorsqu’ils détenaient l’autorité.
Cette posture ne relève pas d’un sursaut de conscience. Elle s’inscrit dans une logique de calcul politique : redorer une image ternie, semer la confusion dans l’opinion publique et préparer un éventuel retour aux affaires, en instrumentalisant la colère et la détresse populaires.
La population haïtienne mérite mieux que ces mises en scène répétées. La crédibilité politique ne se construit pas après la perte d’un poste, mais dans les actes posés lorsque le pouvoir est exercé.
Sans mémoire collective et sans exigence citoyenne, la manipulation continuera de prospérer au détriment de l’intérêt national.
RTPA — 2 février 2026
