Les États-Unis ont officiellement sanctionné Edgard Leblanc Fils et Louis Gérald Gilles, deux membres du Conseil présidentiel de transition (CPT), en leur imposant des restrictions de visas et en révoquant leurs documents d’entrée sur le territoire américain. Ces mesures, étendues à leurs familles immédiates, ont été annoncées par le Département d’État américain, qui reproche aux deux conseillers une implication dans l’opération de gangs armés en Haïti.
Ces sanctions interviennent quelques jours seulement après la participation des deux hommes à une résolution visant à révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de ses fonctions. Cette initiative politique avait déjà provoqué de vives réactions, tant sur la scène nationale qu’internationale, et apparaît aujourd’hui sous un jour nouveau à la lumière des décisions prises par l’administration américaine.
Selon une source diplomatique, un troisième conseiller du CPT pourrait également être visé par des sanctions américaines. Son nom ne figurerait pas encore sur la liste noire, dans la mesure où il aurait donné des garanties aux autorités américaines quant à un changement de comportement. Cet engagement aurait même été réaffirmé lors d’une rencontre avec le Premier ministre, tenue la veille. Toutefois, d’après cette même source, le conseiller concerné aurait récidivé, et la procédure de sanction serait actuellement en cours de finalisation.
Au-delà des cas individuels, ces décisions mettent en évidence la forte influence de Washington sur le processus politique haïtien. Elles soulignent les limites de la marge de manœuvre des membres du CPT, dont les choix semblent étroitement surveillés, voire conditionnés, par les partenaires internationaux, en particulier les États-Unis. Dans ce contexte, la capacité réelle de ces conseillers à agir comme des leaders autonomes et souverains suscite de plus en plus d’interrogations au sein de l’opinion publique.
Rédaction : l’équipe de Radyo Télé Pwofondè Ayiti (RTPA)
