PORT-AU-PRINCE, 1er novembre 2026 — Le meurtre présumé de Pharana Ruth-Love Edmel, une infirmière dont la mort serait liée à un conflit conjugal, remet en lumière la problématique des violences au sein des couples en Haïti. Face à cette nouvelle tragédie, le criminologue Mackenson I.D. JN-FRANÇOIS lance un appel à une remise en question des comportements dans les relations amoureuses, notamment en ce qui concerne la jalousie, la dépendance économique et la gestion des séparations.
Selon les informations communiquées à RTPA, Fedner Lumene a été arrêté dans la matinée du dimanche 1er novembre 2026 par la SDPJ des Nippes. Il aurait reconnu avoir tué sa compagne, Pharana Ruth-Love Edmel, avant de la jeter à la mer dans la zone de Bézin, le samedi 31 octobre. La jalousie serait à l’origine du drame. Les deux partenaires auraient vécu ensemble pendant environ neuf ans.Dans une réflexion consacrée à cette problématique, Mackenson I.D. JN-FRANÇOIS, en sa qualité de criminologue, s’interroge sur la manière dont les Haïtiens conçoivent et vivent les relations amoureuses. Il estime qu’il est urgent de repenser les fondements des relations de couple, afin que les désaccords, les soupçons d’infidélité et les ruptures ne débouchent plus sur des actes de violence. Selon lui, aimer quelqu’un ne signifie pas en devenir propriétaire.Le criminologue attire également l’attention sur la dépendance matérielle et économique dans certaines relations.
Il invite les hommes et les femmes à ne pas fonder leurs engagements uniquement sur des avantages matériels, tels que l’achat de vêtements, d’un véhicule ou l’aménagement d’un logement. À ses yeux, ces formes de dépendance peuvent contribuer à installer des rapports de possession et de contrôle au sein du couple. Il plaide plutôt pour des relations fondées sur la dignité, l’autonomie et le respect mutuel.
Cette inquiétude trouve également un écho dans les données disponibles sur les violences conjugales en Haïti. Selon la sixième Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services (EMMUS-VI 2016-2017), publiée en juillet 2018, 34 % des femmes âgées de 15 à 49 ans, en union ou ayant connu une rupture d’union, ont déclaré avoir subi des violences physiques, émotionnelles ou sexuelles de la part d’un mari ou d’un partenaire. Parmi elles, 22 % ont rapporté avoir subi ces violences au cours des douze mois précédant l’enquête. Ces données ont également été reprises dans un rapport de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada, publié le 14 juin 2019.
À travers cette prise de position, Mackenson I.D. JN-FRANÇOIS invite la société haïtienne à revoir son rapport à l’amour et aux relations de couple. Il appelle chacun à définir clairement ses priorités avant de s’engager, à privilégier le dialogue et à apprendre à accepter une séparation sans recourir à la violence. Son message est sans équivoque : la jalousie ne justifie pas un meurtre, et aucune rupture amoureuse ne devrait se terminer dans le sang.
RADYO TELE PWÒFONDÈ AYITI (RTPA) 2 novembre 2026
