Haïti – Sécurité : Johnson André « Izo » soigné au Centre hospitalier de Carrefour après une frappe de drone
Selon un article publié par AyiboPost, Johnson André, alias « Izo », chef du gang « 5 Segond », a été soigné au Centre hospitalier de Carrefour (CHC) après avoir été blessé lors d’une frappe de drone explosif en 2025.
L’enquête, signée par le journaliste Jérôme Wendy Norestyl et publiée le lundi 03 août 2026, révèle que cette prise en charge est intervenue dans un contexte de multiplication des opérations contre les groupes armés dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Selon les informations recueillies par AyiboPost, l’hospitalisation de Johnson André a mobilisé un dispositif médical particulier. Une source présente sur les lieux affirme qu’une chambre avait été aménagée pour lui avec quatre bonbonnes d’oxygène, deux médecins et trois infirmières équipées pour assurer sa prise en charge.
Toujours selon cette source, la présence du chef de gang dans l’établissement situé à Diquini, Carrefour, entraîné un important dispositif de sécurité autour de la zone. Des membres armés auraient contrôlé les alentours, perturbant même la circulation de certains véhicules de transport public.
Interrogé par AyiboPost, le directeur général du Centre hospitalier de Carrefour, Jean Joseph Régistre, explique avoir appris la présence d’Izo dans l’hôpital par un médecin interniste impliqué dans ses soins. Il affirme que des examens médicaux ont été effectués et indique que le patient avait déclaré se sentir mieux après sa prise en charge.
Le responsable du CHC rejette l’existence d’une salle réservée exclusivement aux membres de gangs. Il reconnaît toutefois la présence de chambres privées accessibles aux patients capables d’en payer les frais et affirme que l’établissement accueille toute personne nécessitant des soins.
L’enquête d’AyiboPost rapporte également que plusieurs membres de groupes armés auraient été pris en charge dans cet hôpital après des blessures liées à des affrontements ou à des opérations des forces de sécurité, notamment après des interventions à Kenscoff, Croix-des-Bouquets et dans le centre-ville de Port-au-Prince.
Un témoin cité dans l’enquête évoque notamment le cas d’un membre armé blessé au pied après des opérations à Kenscoff. Selon ce témoignage, le coût de sa prise en charge aurait atteint 100 000 gourdes, alors que le tarif habituel annoncé était de 45 000 gourdes. La direction du CHC conteste toutefois l’existence d’un traitement privilégié accordé aux membres de gangs.
Ces révélations interviennent alors que le système de santé haïtien traverse une grave crise. Depuis l’aggravation de la violence des gangs en mars 2024, plusieurs établissements hospitaliers de la région métropolitaine de Port-au-Prince ont fermé ou fonctionnent avec de grandes difficultés, réduisant l’accès aux soins pour une partie de la population.
Cette affaire relance le débat sur le rôle des structures sanitaires dans un contexte de violence armée. Dans les zones de conflit à travers le monde, les hôpitaux défendent généralement le principe de neutralité médicale, qui consiste à soigner les personnes blessées tout en garantissant la sécurité du personnel et des autres patients.
Johnson André, alias « Izo », est présenté par les autorités haïtiennes comme le chef du gang « 5 Segond ». Son nom est associé à plusieurs activités criminelles, notamment des enlèvements contre rançon et le trafic illicite de stupéfiants, selon les informations rapportées par les autorités.
L’affaire du Centre hospitalier de Carrefour illustre une nouvelle fois les défis auxquels font face les institutions haïtiennes, confrontées à la nécessité de garantir l’accès aux soins tout en évoluant dans un environnement marqué par l’insécurité.
Par l’équipe de la RTPA
