Francesca Charles, 28 ans, résidant à Jacksonville, en Floride, a plaidé coupable le 11 mai 2026 devant un tribunal fédéral américain dans le cadre d’un dossier portant sur l’exportation illégale d’armes à feu et de munitions vers Haïti.
Selon le Bureau du procureur fédéral du district central de la Floride, la jeune femme reconnaît sa participation à un complot visant à faire sortir clandestinement des armes à feu du territoire américain. Elle encourt jusqu’à vingt ans de prison. Son audience de détermination de peine est fixée au 18 août 2026.
L’affaire remonte à février 2025, lorsque les autorités de la République dominicaine ont intercepté un conteneur en provenance de Miami et destiné à Haïti. À l’intérieur, les enquêteurs ont découvert un important arsenal composé de 18 fusils, cinq pistolets, plusieurs chargeurs, plus de 36 000 cartouches ainsi qu’un silencieux. Les armes n’apparaissaient pas sur les documents d’expédition, qui mentionnaient plutôt des effets ménagers.
L’enquête menée conjointement par le Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (ATF) et Homeland Security Investigations (HSI) a permis d’identifier Francesca Charles ainsi que deux autres suspects, Jacques Pierre et Jeff Pierre, comme acheteurs d’une partie importante des armes saisies.
Les autorités américaines affirment que les trois individus ont acquis au moins 46 armes à feu entre mai 2024 et février 2025. Francesca Charles aurait, à elle seule, acheté au moins 24 de ces armes. Les enquêteurs soutiennent également que certains modèles retrouvés dans le conteneur correspondent à ceux achetés par les accusés au cours de cette période.
Parmi les armes identifiées figurent deux fusils Barrett de calibre .50, considérés comme des armes lourdes à capacité militaire. L’un d’eux a été retrouvé dans le conteneur saisi en République dominicaine. Le second a été récupéré plusieurs mois plus tard lors d’un affrontement armé impliquant la Police nationale d’Haïti et un groupe armé.
Les documents judiciaires révèlent par ailleurs que les suspects auraient organisé des expéditions vers Haïti peu après l’acquisition de grandes quantités d’armes. Les enquêteurs ont également relevé plusieurs déplacements des accusés vers Haïti et la République dominicaine au cours de la période visée par l’enquête.
Jacques Pierre et son frère Jeff Pierre font toujours face à plusieurs chefs d’accusation liés à la contrebande et à l’exportation illégale d’armes à feu. Les autorités rappellent toutefois que ces deux accusés bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle condamnation par la justice.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de préoccupation croissante concernant l’alimentation des groupes armés en Haïti. Depuis plusieurs années, les autorités haïtiennes et internationales dénoncent l’arrivée d’armes et de munitions en provenance de l’étranger, un phénomène considéré comme l’un des principaux facteurs aggravant l’insécurité dans le pays.
Rédaction: l’équipe de la RTPA
