Par Elie Fleurimont
Artibonite, 31 mars 2026 — Tandis que les plus hautes autorités policières et politiques du pays intensifient leur présence sur les réseaux sociaux, la réalité sécuritaire sur le terrain demeure alarmante, notamment dans le département de l’Artibonite.
Dans la matinée du mardi 31 mars, des individus lourdement armés, identifiés par des sources locales comme membres du groupe « Baz Gran Grif », ont mené une attaque dans la localité de Pon-Jou, située dans la 3e section communale de Marchand-Dessalines. Des tirs nourris à l’arme automatique ont été entendus pendant plusieurs minutes, plongeant les habitants dans la panique. Jusqu’à présent, aucun bilan officiel n’a été communiqué par les autorités.
Cette attaque intervient dans un contexte particulièrement tendu, quelques jours seulement après le massacre survenu le week-end écoulé dans la localité de Jean-Denis. Selon des informations concordantes, plus de 70 personnes y ont été tuées par balles par des groupes armés. Environ 50 maisons ont été incendiées et plus de 5 000 habitants contraints de fuir leurs domiciles, aggravant une situation humanitaire déjà critique.
Depuis plusieurs mois, le département de l’Artibonite fait face à une recrudescence des violences armées. Des localités entières vivent sous la menace constante de groupes armés qui étendent progressivement leur contrôle, forçant des milliers de familles à se déplacer.
Face à cette détérioration continue de la sécurité, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer un décalage entre la communication officielle et la réalité vécue par la population. Les habitants appellent les autorités à passer des discours aux actions concrètes afin de rétablir l’ordre, protéger les vies humaines et mettre un terme à cette spirale de violence.
