Opérations policières contre les gangs : débat tendu sur les méthodes de la police
Depuis le début de l’année 2026, la Police nationale d’Haïti (PNH) mène plusieurs opérations dans des zones identifiées comme des bases de gangs armés. Selon les autorités policières, ces interventions ont permis la saisie d’armes à feu, de munitions, de drones, d’uniformes de police et d’autres matériels. Plusieurs individus ont été arrêtés et certains présumés bandits ont été tués lors d’échanges de tirs.
La dernière opération en date a eu lieu ce lundi 19 janvier 2026, à Tokyo, Delmas 2. La police affirme avoir neutralisé six présumés bandits et saisi environ 30 armes à feu, des munitions, des drones ainsi que divers équipements. Des maisons utilisées comme fiefs de gangs ont également été détruites.
Malgré ces résultats, l’offensive policière suscite de vives controverses, notamment en raison de l’absence d’arrestation ou de neutralisation de chefs de gangs de premier plan.
C’est dans ce contexte que, le lundi 19 janvier, plusieurs personnalités politiques et publiques se sont exprimées devant la presse pour critiquer les méthodes employées par la PNH.
L’ancien colonel des Forces armées d’Haïti, Himmler Rébu, a qualifié les opérations policières de désordonnées. Selon lui, la destruction de maisons sans objectifs claires définis ne peut produire de résultats durables. Il estime que les opérations de sécurité doivent être mieux planifiées et ciblées.
De son côté, l’ancien commissaire du gouvernement et ex-ministre de la Justice, Me Lucmane Delile, a dénoncé ce qu’il considère comme une fuite en avant. Il critique notamment l’utilisation des drones et souligne qu’aucun grand chef de gang n’a, jusqu’à présent, été arrêté ou neutralisé. Selon lui, cette stratégie serait avant tout politique et viserait à permettre aux autorités de transition, notamment le CPT, de se maintenir au pouvoir au-delà du 7 février. Il appelle à un retrait de l’équipe actuellement en place.
Pendant que la police poursuit ses opérations sur le terrain, l’opinion publique reste partagée. Entre l’urgence de rétablir la sécurité et les interrogations sur les méthodes utilisées, une question demeure : quelle stratégie permettra réellement de venir à bout des gangs armés en Haïti ?
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