Haïti | Sécurité : la peur change de camp, la PNH passe à l’offensive contre les gangs
La Police nationale d’Haïti (PNH) a lancé une vaste opération contre les gangs armés opérant dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.
Plusieurs unités spécialisées ont été déployées au Bas-Delmas le mercredi 14 janvier 2026, dans le but de neutraliser le chef de gang connu sous le sobriquet de « Barbecue » ainsi que ses hommes.
Des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrent une grande destruction après l’intervention de la police avec l’utilisation de drones explosifs contre des maisons servant de refuge du chef de gang Barbecue.
À l’heure actuelle, aucun bilan officiel n’a été communiqué concernant le nombre de morts ou de blessés.
Port-au-Prince sous l’emprise des bandits depuis des années, les gangs armés contrôlent entre 80 à 85 % de la capitale haïtienne, selon divers rapports des Nations unies. Cette mainmise s’est consolidée sous les gouvernements successifs, de Jovenel Moïse à Ariel Henry, jusqu’au Conseil présidentiel de transition (CPT).
Durant cette période, les groupes armés ont semé la terreur : commerces pillés, commissariats incendiés, des bâtiments publics vandalisés, le tout dans un climat d’impunité quasi totale.
En ce début d’année 2026, la stratégie de la PNH semble évoluer. Pour de nombreux observateurs, la peur change désormais de camp.
Le chef gang Barbecue, autrefois maître de vastes territoires perdus, est désormais en fuite, devenant à son tour un déplacé interne avec ses troupes.
Toutefois, cette offensive tardive soulève des questions, une grande partie de la population s’interroge : pourquoi cette détermination n’a-t-elle pas été affichée plus tôt? Alors que les violences ont déjà provoqué le déplacement plus de 1,3 million de personnes en moins d’un an.
Malgré des opérations en cours, la situation sécuritaire reste fragile. Les routes nationales toujours bloquées, et les postes de péage illégaux contrôlés par les gangs continuent de fonctionner.
La semaine dernière, le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andrésol, a annoncé la réouverture les routes du Grand Sud et le Nord avant le 7 février 2026.
Une promesse qui divise l’opinion publique, tant les engagements des autorités ont souvent été suivis de peu d’effets concrets.
La grande interrogation demeure : 2026 marquera-t-elle un véritable tournant dans la lutte contre les gangs?
Rédaction : Radio Télé Profondeur Haïti (RTPA), 15 janvier 2026
