Plus de quatre ans après l’assassinat du président Jovenel Moïse, de nouvelles révélations mettent en cause Léon Charles, ancien chef de la Police nationale d’Haïti. Selon le Miami Herald, Antonio Intriago, propriétaire de CTU Security, aurait directement approché Léon Charles avant l’opération pour obtenir sa collaboration ou, au minimum, sa neutralité, afin de garantir que la police n’interfère pas avec le commando colombien.
Des échanges de SMS compromettants montrent qu’Intriago aurait demandé à Charles de « mettre fin à toute confrontation » entre la PNH et les mercenaires et que certains ressortissants américains impliqués dans le complot auraient bénéficié d’une protection policière pour quitter le pays.
En contrepartie, Intriago aurait promis à Léon Charles un poste au sein de sa société aux États-Unis, une protection internationale pour lui et sa famille et des garanties de sécurité après l’opération. Ces éléments renforcent l’idée d’un marché implicite entre intérêts privés et appareil sécuritaire d’État dans un contexte où les institutions devaient protéger le chef de l’État.
À ce jour, aucun jugement définitif n’a été rendu en Haïti, alors que plusieurs condamnations ont été prononcées aux États-Unis, renforçant la perception d’un système judiciaire paralysé.
Pour la population et les proches de Jovenel Moïse, cette situation nourrit l’impression que certains acteurs impliqués dans le complot continuent d’exercer une influence politique et institutionnelle, compromettant toute perspective de vérité et de réparation.
Rédaction : RTPA
