Par RTPA
Plusieurs réactions continuent de se faire entendre, cinq jours après la révocation de Jacques Ader à la tête de la Direction départementale de l’Ouest 1 (DDOM 1). Cette décision, prise dans un contexte sécuritaire déjà fragile, suscite interrogations et inquiétudes au sein de la population.
Dans divers secteurs de la société, des voix s’élèvent pour dénoncer les conditions dans lesquelles l’ancien responsable a été écarté. Certains observateurs, intervenant au micro de la RTPA, évoquent des rivalités internes ou encore une gêne liée à la forte visibilité acquise par Jacques Ader au cours de son passage à la DDO 1. Pour une partie de l’opinion, cette exposition médiatique et opérationnelle
aurait pu déranger certains responsables du haut commandement de la PNH.
D’autres mettent en avant le bilan de l’ancien chef départemental, qu’ils jugent globalement positif. Plusieurs opérations sont citées, notamment des interventions contre des bases de groupes armés au bas de Delmas, ainsi que la reprise du sous-commissariat de Carrefour de l’Aéroport, un point stratégique longtemps sous pression. Des actions sont également évoquées dans des zones réputées difficiles d’accès, notamment celles sous l’influence du gang d’Izo, où la présence policière s’était faite rare ces dernières années. Le retour des forces de l’ordre à Martissant est aussi perçu, par certains, comme un signal fort dans la lutte contre l’insécurité.
Dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, de nombreux habitants ne cachent pas leur inquiétude face à cette révocation. Plusieurs estiment que ce changement pourrait fragiliser les efforts entrepris contre les groupes armés et redoutent un regain d’activité des gangs dans certains quartiers sensibles.
Par ailleurs, des sources proches du dossier indiquent que Jacques Ader privilégiait des méthodes opérationnelles discrètes, évitant notamment l’usage du téléphone pour coordonner certaines interventions. Un mode de fonctionnement qui, selon certains, aurait contribué à l’efficacité de plusieurs opérations menées sur le terrain.
Dans ce contexte, la nomination d’un nouveau responsable à la tête de la DDO 1 est particulièrement attendue. Celui-ci devra rapidement faire ses preuves dans un environnement marqué par de fortes tensions sécuritaires. Au-delà des enjeux internes, c’est surtout la capacité des autorités à maintenir la pression sur les groupes armés qui sera scrutée.
Alors que l’insécurité demeure l’une des principales préoccupations des Haïtiens, cette transition à la tête de la DDO 1 intervient à un moment critique. Pour de nombreux observateurs, l’urgence reste la continuité des opérations et le renforcement des acquis, afin d’éviter tout recul dans la lutte contre la criminalité.
