Assassinat de Jovenel Moïse : un ex-juge reconnaît l’irrégularité d’un mandat controversé
Un nouvel élément vient s’ajouter au dossier relatif à l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse, tué dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 à sa résidence privée.
Lors d’une déposition effectuée le 20 février 2026 devant un tribunal fédéral à Miami, l’ancien juge d’instruction Jean Roger Noëlcius a admis avoir signé un mandat d’arrêt qu’il considère aujourd’hui comme irrégulier et dépourvu de base légale.
Sous serment, l’ex-magistrat a reconnu qu’il ne disposait d’aucune autorité pour émettre un mandat d’arrêt contre un président en exercice. Il a également précisé que l’exécution d’un tel document relève exclusivement des institutions compétentes de l’État, notamment la Police nationale d’Haïti.
Selon des informations rapportées par le quotidien américain Miami Herald, M. Noëlcius a admis avoir antidaté le document et y avoir apposé son sceau officiel. Toutefois, il rejette toute implication dans le complot ayant conduit au magnicide et affirme ne pas avoir participé à la planification ou à l’exécution du crime.
Intervenant par visioconférence depuis le Canada, où il s’était installé quelques mois avant l’assassinat du chef de l’État, l’ancien magistrat soutient avoir agi sous pression. Il met en cause l’avocat Mario Beauvoir, qui lui aurait assuré que la démarche bénéficiait d’appuis diplomatiques et qu’il ne risquait aucune poursuite.
« Je n’ai rien à voir avec cette situation », a-t-il déclaré au terme de plusieurs heures d’interrogatoire, estimant avoir été manipulé et utilisé dans une affaire qui a, selon lui, brisé sa carrière.
Ces révélations pourraient apporter un éclairage supplémentaire sur les ramifications juridiques et politiques entourant l’assassinat du président haïtien, un dossier toujours en cours devant les juridictions compétentes aux États-Unis et en Haïti.
Rédaction: RTPA
