Fonds publics en liquide : un ex-conseiller-président admet avoir reçu 3,5 millions de gourdes en cash
Dans une enquête publiée récemment par AyiboPost, un ex-conseiller-président disposant du droit de vote reconnaît avoir perçu 3,5 millions de gourdes en espèces pour assurer le fonctionnement de son personnel. Ce montant, équivalant à environ 27 000 dollars américains, ne comprend pas son salaire mensuel, qu’il estime à plus d’un demi-million de gourdes.
Selon ses déclarations au média, les fonds auraient servi à couvrir les dépenses liées à une équipe de 36 personnes, incluant des policiers affectés à sa sécurité ainsi que plusieurs employés civils. Il n’a toutefois pas été précisé si tous les ex-conseillers bénéficiaient des mêmes montants ni selon quels critères ces allocations étaient effectuées.
Frinel Joseph, ex-conseiller présidentiel, est cité dans le même rapport pour avoir effectué plusieurs transactions en espèces à la Villa d’Accueil, parfois supérieures à 100 000 gourdes. Deux sources familières de la structure lui auraient même donné le surnom de « président cash » en raison de sa propension à recourir au liquide.
Des sources proches de l’ancienne structure dissoute le 7 février 2026 confirment que l’usage massif d’espèces n’était pas une exception, mais une pratique répandue pour la majorité des conseillers, tant pour des dépenses officielles que privées. Certains montants étaient remis directement par l’État, sans mécanisme clair de reddition de comptes.
Cette situation soulève des inquiétudes sur la traçabilité des fonds publics. Les transactions en espèces, par nature difficiles à suivre, compliquent le travail des institutions de contrôle et renforcent les soupçons d’opacité. Dans un pays régulièrement classé parmi les plus touchés par la corruption selon Transparency International, la transparence financière reste un défi majeur.
Malgré les appels répétés en faveur d’une gouvernance rigoureuse, aucune communication officielle détaillant les mécanismes de distribution et de suivi de ces fonds n’a été rendue publique. Les révélations d’AyiboPost relancent ainsi le débat sur la nécessité de réglementer strictement la circulation des fonds au sommet de l’État.
Alors que les institutions de lutte contre la corruption tentent de renforcer leurs capacités d’enquête, l’usage massif du liquide apparaît, pour de nombreux observateurs, comme un obstacle majeur à toute politique effective de transparence et de reddition de comptes.
Rédaction : RTPA
