Malgré l’échec total du CPT : une transition coûteuse pour le pays
Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) laisse derrière lui un bilan financier et politique lourd pour Haïti. Selon un rapport publié le 25 avril 2025 par le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), chaque membre du CPT aurait coûté environ 10 millions de gourdes par mois à l’État, incluant salaires, indemnités et divers avantages : frais d’intelligence, allocations pour téléphonie, carburant, résidence et alimentation, ainsi que des montants pour leurs conjoints.
Avec neuf membres, le coût mensuel avoisine 90 millions de gourdes, soit près de 1,98 milliard de gourdes pour les indemnités sur la durée totale du mandat de 22 mois. À cela s’ajoutent 77 millions pour les repas, ainsi que des gratifications exceptionnelles pendant les fêtes pascales, allant de 3 à 5 millions par conseiller. Au total, le CPT a absorbé plus de 2 milliards de gourdes, alors que le pays affrontait une insécurité généralisée, un système de santé fragilisé et un chômage endémique.
Le RNDDH note également l’intense activité internationale des conseillers : au moins quinze voyages officiels en un an, avec frais de représentation de 5 000 dollars par mission, nuitées à 1 000 dollars, et prise en charge de délégations pouvant atteindre quinze personnes, sans bilans publics accessibles.
À ce tableau s’ajoutent des accusations de corruption, notamment dans l’affaire de la Banque Nationale de Crédit (BNC), où des tentatives de pot-de-vin de 100 millions de gourdes impliquant Smith Augustin, Emmanuel Vertilaire et Louis Gérald Gilles ont été dénoncées, sans suite judiciaire à ce jour. Selon le Miami Herald, chaque conseiller aurait coûté au moins 56 340 dollars américains par mois, sans compter les honoraires des consultants – certains employant jusqu’à vingt collaborateurs simultanément.
Au terme de ces 22 mois, le CPT laisse un pays toujours en proie à l’insécurité, sans élections organisées, avec des institutions affaiblies et des fonds publics dépensés sans résultats tangibles pour la population.
Cette transition restera dans les mémoires comme financièrement dispendieuse et inefficace, accentuant le fossé entre les dirigeants et une population déjà à bout de souffle.
