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Alix Didier Fils-Aimé face au défi historique : restaurer l’État ou laisser se poursuivre son effondrement ?

RTPA — Éditorial | 11 février 2026

Depuis plusieurs années, l’État haïtien donne l’image d’une institution affaiblie, contestée et parfois absente. Aujourd’hui, la crise dépasse le symbole : elle est territoriale, institutionnelle, sociale et économique.

Les groupes armés contrôlent entre 85 % et 90 % de la capitale. Les routes nationales restent bloquées, empêchant les citoyens de rejoindre les villes de province et empêchant l’acheminement régulier des produits agricoles vers Port-au-Prince.

Les conséquences sont dramatiques : les agriculteurs ne peuvent vendre leurs récoltes, les marchés publics souffrent d’une rareté alarmante de produits naturels, les prix flambent, et la précarité s’aggrave.

Au-delà de l’insécurité et de la crise alimentaire, le recul de l’autorité publique est manifeste. Plusieurs ministères et institutions ont quitté le centre-ville de Port-au-Prince, contraignant l’État à louer des bâtiments ailleurs pour fonctionner. Lorsque les institutions fuient leur propre espace stratégique, l’autorité vacille.

Le peuple a perdu confiance dans ses dirigeants. Les services publics sont pratiquement absents, la corruption et le « mauvaise gestion (gagòt) » gangrènent l’administration, et de nombreux secteurs paralysés.

Un État ne peut pas céder son territoire.
Un État ne peut pas tolérer que la corruption affaiblisse son autorité.
Un État ne peut pas accepter que des gangs imposent leur loi à la République.

Aujourd’hui, Alix Didier Fils-Aimé porte une responsabilité historique : restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.
Cela exige :

Reprendre le contrôle des axes routiers stratégiques

Réaffirmer la présence de l’État au centre-ville

Garantir la sécurité des institutions publiques

Relancer efficacement les services publics

Lutter contre la corruption et l’impunité

L’autorité ne se proclame pas. Elle se reconquiert. La confiance ne se demande pas. Elle se mérite.
Le peuple haïtien n’attend plus des discours. Il attend des décisions courageuses et des résultats concrets.
L’histoire ne retiendra ni excuses ni promesses. Elle jugera l’action ou l’inaction.

RTPA — 11 février 2026

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