Après le 7 février 2026, le peuple attend des actes concrets
RTPA Editorial — Février 2026
Après le 7 février 2026, Haïti reste plongée dans une profonde inquiétude. Cette date, porteuse de symboles et d’attentes, n’a pas dissipé le malaise national. Au contraire, elle a mis en lumière l’ampleur du vide politique, institutionnel et sécuritaire qui pèse sur le pays. L’incertitude s’est installée durablement, alimentant la peur, la colère et le découragement d’une population déjà à bout de souffle.
Aujourd’hui, les besoins de la population sont clairs et urgents. Le peuple haïtien ne réclame plus de discours rassurants ni de promesses sans lendemain. Ce n’est plus le moment des belles paroles, encore moins celui des calculs politiques. Le pays est livré à lui-même. L’État, tel qu’il fonctionne actuellement, ne parvient plus à assumer ses responsabilités fondamentales.
L’autorité publique est absente, le désordre s’installe et la nation glisse dangereusement vers l’effondrement.
L’insécurité gangrène le quotidien. Les routes sont bloquées par des gangs armés, paralysant la circulation des personnes et des biens. La justice est affaiblie, parfois inexistante, laissant l’impunité dicter sa loi. Face à cette réalité, la population suffoque. Elle cherche simplement à respirer, à vivre, à se déplacer, à travailler sans craindre pour sa vie. Mais sans un État fort et responsable, ces droits élémentaires restent hors de portée.
Cette situation est le résultat direct d’un manque criant de responsabilité de l’État. L’impunité prospère parce que les décisions tardent, parce que l’autorité hésite, parce que le pouvoir évite d’assumer pleinement son rôle. Trop de désordre, trop de silence, trop de tolérance face à l’inacceptable. Or, un pays ne peut survivre longtemps sans règles claires, sans institutions respectées et sans dirigeants capables de trancher.
Après le 7 février 2026, le peuple attend des actes. Il attend que le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, prenne la pleine mesure de l’urgence nationale. Gouverner aujourd’hui exige du courage, de la fermeté et un sens élevé de l’État. Il ne s’agit pas de plaire, mais de diriger. Il ne s’agit pas de gérer le temps, mais de sauver le pays.
Le moment est venu de rétablir l’autorité de l’État, de combattre l’impunité, de libérer les routes, de remettre la justice debout et de restaurer la confiance minimale entre gouvernants et gouvernés. L’histoire jugera sévèrement l’inaction. Haïti ne peut plus attendre. Le pays est au bord du gouffre, et seule une gouvernance ferme, responsable et courageuse peut empêcher l’effondrement total.
RTPA — Février 2026
