À la uneJusticeNon classéSécurité

Affaire Chevry : la justice haïtienne officiellement saisie après des perquisitions controversées

Patager sur :

Affaire Chevry : la justice haïtienne officiellement saisie après des perquisitions controversées

L’affaire des perquisitions menées au domicile du maire de Port-au-Prince, Ralph Youri Chevry, a désormais quitté le seul terrain des dénonciations politiques pour entrer formellement dans le champ judiciaire. Selon les documents rendus publics, le dossier est régulièrement enrôlé devant le tribunal de première instance, confirmant l’ouverture d’une procédure pénale contre plusieurs hauts responsables sécuritaires .

À la suite de la descente policière du 12 décembre 2025, qualifiée d’illégale par l’édile, Ralph Youri Chevry a choisi de saisir la justice par la voie d’une citation directe, déposée le 17 décembre 2025. Cette action vise notamment le directeur de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), l’inspecteur général de la Police nationale d’Haïti, ainsi que le commissaire du gouvernement ayant accompagné l’opération .

Le 22 décembre 2025, le greffe du tribunal de première instance a délivré un certificat d’enrôlement, attestant que la plainte a été enregistrée sous le numéro 12. Cette formalité judiciaire confirme que les faits allégués — violation de domicile, dégradation de biens et atteinte à la liberté individuelle — font désormais l’objet d’un examen par les juridictions compétentes .

Pour la défense du maire, cet enrôlement marque une étape déterminante. « La justice est officiellement saisie, les institutions sont désormais tenues de répondre », soulignent ses avocats, qui rappellent que le plaignant bénéficie également du statut de grand fonctionnaire de l’État, impliquant des garanties procédurales spécifiques prévues par la loi .

Malgré cette procédure pendante, une seconde perquisition a été effectuée le 22 janvier 2026, toujours sans mandat selon le dossier. Un juge de paix a alors dressé un procès-verbal de constat, versé aux pièces, renforçant la dimension judiciaire de l’affaire et la thèse d’une récidive .

Parallèlement à l’action devant les tribunaux nationaux, le ministère de la Justice a officiellement accusé réception de la plainte, tandis que le dossier a été porté à l’attention du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et de l’Office de la protection du citoyen .

Dans un contexte marqué par de fortes tensions institutionnelles, l’enrôlement de ce dossier place désormais la justice haïtienne face à une responsabilité majeure : dire le droit et se prononcer sur la légalité des actions menées par les forces de l’ordre contre un élu municipal en fonction. Pour de nombreux observateurs, l’issue de cette affaire pourrait constituer un test significatif pour l’indépendance judiciaire et le respect de l’État de droit en Haïti.

Par: Un citoyen engagé

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *