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RTPA — Éditorial | 1er février 2026 Politique en Haïti : un métier ou un moyen de survie personnelle ?

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La politique en Haïti est souvent présentée comme une vocation noble, un engagement au service du peuple. Pourtant, la réalité vécue par les citoyens révèle une tout autre vérité. Pour trop d’hommes et de femmes, entrer en politique n’est pas un acte de service, mais une stratégie de survie personnelle et d’enrichissement.


Nombreux sont ceux qui accèdent aux fonctions publiques sans ressources, sans patrimoine, parfois même sans réelle expérience professionnelle. Quelques années plus tard, ils ressortent du système transformés en multimillionnaires, pendant que le pays, lui, s’appauvrit davantage.


Pendant que la population endure l’insécurité, la fermeture des écoles, la dégradation des routes et l’abandon des hôpitaux, les détenteurs du pouvoir consolident leurs privilèges. L’État n’est plus un outil de développement, mais un refuge pour intérêts personnels, un moyen de protection et d’accumulation.


L’éthique, la transparence et l’intérêt général sont relégués au second plan. Serviteurs du peuple dans les discours, ces acteurs politiques deviennent, dans les faits, des déchireurs des ressources publiques, contribuant à vider le pays de ses forces et de ses espoirs, notamment ceux de la jeunesse.
Face à cette réalité, une question fondamentale s’impose :
le vote des Haïtiens sert-il encore à choisir des dirigeants responsables ou à légitimer des carrières politiques bâties sur l’enrichissement et l’impunité ?


La démocratie ne peut se construire dans un système où la politique est perçue comme un métier rentable plutôt qu’un devoir. Haïti ne se relèvera que lorsque l’engagement politique redeviendra un acte de service, et non un moyen de survie individuelle.
RTPA — 1er février 2026

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